Au CDI - CDR
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Attention, Mars à l'horizon !

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Florence Pourcel, auteure et scientifique qui présente l'émission La Folle histoire de l'univers sur Youtube a écrit le scénario de Mars Horizon, une bande dessinée qui nous raconte la première installation humaine sur la planète rouge en 2080... et c'est passionnant !

Si la BD fait partie du genre "science -fiction", elle vogue sur la mode du réalisme scientifique du moment, avec des explications sur le quotidien de l'être humain dans l'espace et sur les expériences scientifiques menées lors de cette virée hors du commun.

Les dessins sont d'Erwann Surcouf.


Mars horizon débute le collection Octopus de chez Delcourt, qui s'intéresse donc à la vulgarisation scientifique. Les prochains épisodes, que le CDI commandera bientôt, concerneront le corps humain et le sexe.

La bande annonce de Mars Horizon :
https://www.youtube.com/watch?v=YOAX7txSnig
Un lien vers un article sur Mars Horizon :
http://www.madmoizelle.com/mars-horizon-florence-porcel-bd-737277
Une interview de Florence Pourcel :
https://www.lyonpremiere.com/Mars-est-fascinante-Florence-Porcel-Mars-Horizon_a15614.html
Sa chaîne Youtube :
https://www.youtube.com/channel/UC9HapjjoLqdDNwKEWQRaiyA

Survivrez-vous à l'Attaque des Titans ?

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Fans de mangas, vous êtes nombreuses et nombreux à suivre avec passion la série L'Attaque des Titans, disponible au CDI - CDR. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore ce shônen à succès, écrit et dessiné par le japonais Hajime Isayama, n'hésitez pas à l'emprunter !

Le héros, Eren Jäger, lutte contre les Titans, géants extraterrestres, dans un monde où le genre humain vit derrière de hauts murs pour se protéger de ces créatures.

A noter que le manga a été adapté en dessin animé (anime) et en film.

Je vous laisse avec le bon article de Wikipedia sur l'univers de l'Attaque des Titans.
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Attaque_des_Titans#Anime

En Arabe, Ahlam signifie les rêves

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Je ne connaissais pas le juge Trévidic, et encore moins l'écrivain. Son premier roman est une grande réussite, d'une beauté phénoménale.

Vous avez envie de mieux comprendre le raisonnement des Islamistes intégristes et leur négation de l'art, de la femme, disons-le, de la vie ? Vous avez envie de mieux connaître la vraie religion musulmane, celle qui ne condamne pas, celle qui célèbre la connaissance, le savoir ? Vous avez envie d'assister à une superbe histoire d'amour ?

Lisez d'urgence ce livre.


Quatrième de couverture :
"Lorsqu’en 2000 Paul, célèbre peintre français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l’archipel est un petit paradis pour qui cherche paix et beauté. L’artiste s’installe dans « la maison de la mer », noue une forte amitié avec la famille de Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul : une œuvre unique et totale où s’enlaceraient tous les arts.

Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu’à l’île. Ben Ali est chassé. L’islamisme gagne du terrain. L’affrontement entre la beauté de l’art et le fanatisme religieux peut commencer."


Club lecture - écriture : la guerre dans tous ses états, suite...

by
Trois autres textes issus des cerveaux actifs du Club lecture du lycée, sur le thème de la guerre. Attention, ce thème est pris au sens large, étant donné que la guerre peut concerner la grande Histoire mais aussi la petite, celle de vous et moi. Bonne lecture.

 

On avait du monter dans une voiture sans ceinture
Personne ne connaissait le trajet
On était tous serrés
Mais personne ne se connaissait
Le silence était chaotique
Tandis qu’à l’arrivée le bruit était ironique
A la descente les familles étaient séparées
Le cœur brisé
On nous fit avancer
Laissant derrière nous
Une barrière de barbelés
Durant la journée
On nous avait assigné des corvées
Et quand le soleil se coucha
Que la nuit arriva
On était déjà fatigués
Les jours défilèrent
On était de moins en moins nombreux
Quand les nouveaux arrivèrent
Les plus faibles rejoignaient leurs dieux
Ca faisait des mois que j’étais là
Dans ces pièces sombres
Où on ne percevait même pas une ombre
Ou l’odeur malpropre, bien pire que celle d’un putois,
Qui se dégageait à la fois de tout ces lieux et de nous
Les lieux étaient immondes et il y faisait terriblement froid
Les gens étaient macabres
Ils ressemblaient à des morts-vivants
Les tâches étaient rudes
Et des coups de matraque étaient donnés à celui qui n’accomplissait pas sa mission.
Je me sentais seul
A bout de forces
Je voyais déjà mon cercueil
Quand on m’offrit enfin l’opportunité de m’échapper
Je profitais d’une bagarre
Pour éviter les regards
Je courus le plus vite possible et creusais pour franchir les barbelés
Il y avait les corps des précédents qui restaient sur le côté
A peine franchie cette affreuse barrière
Que j’étais devenu une cible
Les balles me frôlaient parfois
Provoquant des égratignures sur moi
J’entendais des cris et des chiens avaient été lancés à ma poursuite
J’arrivais enfin dans un pré
Soudain j’avais l’impression de redécouvrir la vie
La lumière étincelante du ciel bleu m’éblouissait
Pendant que la chaleur du soleil me réchauffait
Une légère brise déposa alors un baiser sur ma joue
Une odeur agréable m’entourait
Celle d’un millier de magnifiques petites fleurs
Sous mes pieds saturés je percevais une certaine fraîcheur
Celle-ci provenait de l’herbe mouillée
Le sifflement des oiseaux et la voltige des hirondelles
Etait comme un spectacle sous mes yeux ébahis
Je ne prêtais même plus attention au reste
Au loin une maison m’attendait
Une fois devant la porte je toquais
Le son tremblait sous ma main putréfiée
Une charmante dame m’ouvrit
Et les habitants m’accueillirent
Avant de franchir le pas de l’entrée
Je pensais à tout ce qui s’était passé
Derrière moi la poursuite était terminée
Les monstres étaient retournés dans leur donjon
J’entrais alors et observais ces inconnus
Ils m’avaient saucé
C’était eux ma liberté.
Ma nouvelle mission maintenant est de guider la révolte pour sauver les réfugiés des camps et leur offrir leur liberté.
- See more at: http://cdidomaineradinghem.blogspot.fr/2016/01/club-lecture-la-guerre-dans-tous-ses.html#sthash.CIIeas9l.dpuf
 

On avait du monter dans une voiture sans ceinture
Personne ne connaissait le trajet
On était tous serrés
Mais personne ne se connaissait
Le silence était chaotique
Tandis qu’à l’arrivée le bruit était ironique
A la descente les familles étaient séparées
Le cœur brisé
On nous fit avancer
Laissant derrière nous
Une barrière de barbelés
Durant la journée
On nous avait assigné des corvées
Et quand le soleil se coucha
Que la nuit arriva
On était déjà fatigués
Les jours défilèrent
On était de moins en moins nombreux
Quand les nouveaux arrivèrent
Les plus faibles rejoignaient leurs dieux
Ca faisait des mois que j’étais là
Dans ces pièces sombres
Où on ne percevait même pas une ombre
Ou l’odeur malpropre, bien pire que celle d’un putois,
Qui se dégageait à la fois de tout ces lieux et de nous
Les lieux étaient immondes et il y faisait terriblement froid
Les gens étaient macabres
Ils ressemblaient à des morts-vivants
Les tâches étaient rudes
Et des coups de matraque étaient donnés à celui qui n’accomplissait pas sa mission.
Je me sentais seul
A bout de forces
Je voyais déjà mon cercueil
Quand on m’offrit enfin l’opportunité de m’échapper
Je profitais d’une bagarre
Pour éviter les regards
Je courus le plus vite possible et creusais pour franchir les barbelés
Il y avait les corps des précédents qui restaient sur le côté
A peine franchie cette affreuse barrière
Que j’étais devenu une cible
Les balles me frôlaient parfois
Provoquant des égratignures sur moi
J’entendais des cris et des chiens avaient été lancés à ma poursuite
J’arrivais enfin dans un pré
Soudain j’avais l’impression de redécouvrir la vie
La lumière étincelante du ciel bleu m’éblouissait
Pendant que la chaleur du soleil me réchauffait
Une légère brise déposa alors un baiser sur ma joue
Une odeur agréable m’entourait
Celle d’un millier de magnifiques petites fleurs
Sous mes pieds saturés je percevais une certaine fraîcheur
Celle-ci provenait de l’herbe mouillée
Le sifflement des oiseaux et la voltige des hirondelles
Etait comme un spectacle sous mes yeux ébahis
Je ne prêtais même plus attention au reste
Au loin une maison m’attendait
Une fois devant la porte je toquais
Le son tremblait sous ma main putréfiée
Une charmante dame m’ouvrit
Et les habitants m’accueillirent
Avant de franchir le pas de l’entrée
Je pensais à tout ce qui s’était passé
Derrière moi la poursuite était terminée
Les monstres étaient retournés dans leur donjon
J’entrais alors et observais ces inconnus
Ils m’avaient saucé
C’était eux ma liberté.
Ma nouvelle mission maintenant est de guider la révolte pour sauver les réfugiés des camps et leur offrir leur liberté.
- See more at: http://cdidomaineradinghem.blogspot.fr/2016/01/club-lecture-la-guerre-dans-tous-ses.html#sthash.CIIeas9l.dpuf
 


On avait du monter dans une voiture sans ceinture
Personne ne connaissait le trajet
On était tous serrés
Mais personne ne se connaissait
Le silence était chaotique
Tandis qu’à l’arrivée le bruit était ironique
A la descente les familles étaient séparées
Le cœur brisé
On nous fit avancer
Laissant derrière nous
Une barrière de barbelés
Durant la journée
On nous avait assigné des corvées
Et quand le soleil se coucha
Que la nuit arriva
On était déjà fatigués
Les jours défilèrent
On était de moins en moins nombreux
Quand les nouveaux arrivèrent
Les plus faibles rejoignaient leurs dieux
Ca faisait des mois que j’étais là
Dans ces pièces sombres
Où on ne percevait même pas une ombre
Ou l’odeur malpropre, bien pire que celle d’un putois,
Qui se dégageait à la fois de tout ces lieux et de nous
Les lieux étaient immondes et il y faisait terriblement froid
Les gens étaient macabres
Ils ressemblaient à des morts-vivants
Les tâches étaient rudes
Et des coups de matraque étaient donnés à celui qui n’accomplissait pas sa mission.
Je me sentais seul
A bout de forces
Je voyais déjà mon cercueil
Quand on m’offrit enfin l’opportunité de m’échapper
Je profitais d’une bagarre
Pour éviter les regards
Je courus le plus vite possible et creusais pour franchir les barbelés
Il y avait les corps des précédents qui restaient sur le côté
A peine franchie cette affreuse barrière
Que j’étais devenu une cible
Les balles me frôlaient parfois
Provoquant des égratignures sur moi
J’entendais des cris et des chiens avaient été lancés à ma poursuite
J’arrivais enfin dans un pré
Soudain j’avais l’impression de redécouvrir la vie
La lumière étincelante du ciel bleu m’éblouissait
Pendant que la chaleur du soleil me réchauffait
Une légère brise déposa alors un baiser sur ma joue
Une odeur agréable m’entourait
Celle d’un millier de magnifiques petites fleurs
Sous mes pieds saturés je percevais une certaine fraîcheur
Celle-ci provenait de l’herbe mouillée
Le sifflement des oiseaux et la voltige des hirondelles
Etait comme un spectacle sous mes yeux ébahis
Je ne prêtais même plus attention au reste
Au loin une maison m’attendait
Une fois devant la porte je toquais
Le son tremblait sous ma main putréfiée
Une charmante dame m’ouvrit
Et les habitants m’accueillirent
Avant de franchir le pas de l’entrée
Je pensais à tout ce qui s’était passé
Derrière moi la poursuite était terminée
Les monstres étaient retournés dans leur donjon
J’entrais alors et observais ces inconnus
Ils m’avaient sauvé
C’était eux ma liberté.
Ma nouvelle mission maintenant est de guider la révolte pour sauver les réfugiés des camps et leur offrir leur liberté.
 

On avait du monter dans une voiture sans ceinture
Personne ne connaissait le trajet
On était tous serrés
Mais personne ne se connaissait
Le silence était chaotique
Tandis qu’à l’arrivée le bruit était ironique
A la descente les familles étaient séparées
Le cœur brisé
On nous fit avancer
Laissant derrière nous
Une barrière de barbelés
Durant la journée
On nous avait assigné des corvées
Et quand le soleil se coucha
Que la nuit arriva
On était déjà fatigués
Les jours défilèrent
On était de moins en moins nombreux
Quand les nouveaux arrivèrent
Les plus faibles rejoignaient leurs dieux
Ca faisait des mois que j’étais là
Dans ces pièces sombres
Où on ne percevait même pas une ombre
Ou l’odeur malpropre, bien pire que celle d’un putois,
Qui se dégageait à la fois de tout ces lieux et de nous
Les lieux étaient immondes et il y faisait terriblement froid
Les gens étaient macabres
Ils ressemblaient à des morts-vivants
Les tâches étaient rudes
Et des coups de matraque étaient donnés à celui qui n’accomplissait pas sa mission.
Je me sentais seul
A bout de forces
Je voyais déjà mon cercueil
Quand on m’offrit enfin l’opportunité de m’échapper
Je profitais d’une bagarre
Pour éviter les regards
Je courus le plus vite possible et creusais pour franchir les barbelés
Il y avait les corps des précédents qui restaient sur le côté
A peine franchie cette affreuse barrière
Que j’étais devenu une cible
Les balles me frôlaient parfois
Provoquant des égratignures sur moi
J’entendais des cris et des chiens avaient été lancés à ma poursuite
J’arrivais enfin dans un pré
Soudain j’avais l’impression de redécouvrir la vie
La lumière étincelante du ciel bleu m’éblouissait
Pendant que la chaleur du soleil me réchauffait
Une légère brise déposa alors un baiser sur ma joue
Une odeur agréable m’entourait
Celle d’un millier de magnifiques petites fleurs
Sous mes pieds saturés je percevais une certaine fraîcheur
Celle-ci provenait de l’herbe mouillée
Le sifflement des oiseaux et la voltige des hirondelles
Etait comme un spectacle sous mes yeux ébahis
Je ne prêtais même plus attention au reste
Au loin une maison m’attendait
Une fois devant la porte je toquais
Le son tremblait sous ma main putréfiée
Une charmante dame m’ouvrit
Et les habitants m’accueillirent
Avant de franchir le pas de l’entrée
Je pensais à tout ce qui s’était passé
Derrière moi la poursuite était terminée
Les monstres étaient retournés dans leur donjon
J’entrais alors et observais ces inconnus
Ils m’avaient saucé
C’était eux ma liberté.
Ma nouvelle mission maintenant est de guider la révolte pour sauver les réfugiés des camps et leur offrir leur liberté.
- See more at: http://cdidomaineradinghem.blogspot.fr/2016/01/club-lecture-la-guerre-dans-tous-ses.html#sthash.CIIeas9l.dpuf
     



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Addiction

Il me regardait de son air suffisant, comme d’habitude. Yeux pincés et moqueurs, petit sourire aux lèvres, poings sur les hanches, il me disait sans me le dire : « non mais vise moi un peu le gaillard, quel incapable, quel couard ! ».
Le vacarme qui régnait dans le Casino était assourdissant. Bruits de rires gras, de verres qui s’entrechoquent, de ce genre de brouhaha qu’il aimait par-dessous tout. Si ce n’était ce connard qui le dévisageait, là-bas, dans son coin, tout serait parfait. D’autant plus qu’il était à cet instant assis devant sa machine à sous préférée, qu’il avait amoureusement surnommée Gertrude. Gertrude avait été son premier amour, celui qui compte et dont on se souvient toute la vie. Ah, Gertrude ! Il la revoyait, toute en couleurs et la voie chantante… exactement comme la machine à sous qui trônait de devant lui. C’est tout juste s’il ne percevait pas dans l’agencement des fenêtres chiffrées une sorte de visage accueillant et serein. 
Une différence majeure pourtant existait entre son amour de jeunesse et la machine : cette dernière lui avait déjà fait perdre la modique somme de 27385 euros. 
Aujourd’hui était un grand jour. Le jour de ses adieux à Gertrude. Il avait longuement réfléchi à sa situation financière et en était arrivé à la conclusion que la rue l’attendait dans un de ses coins sombres pour l’absorber comme tous ces pauvres hères sans domicile fixe qui les peuplaient déjà. Jouer encore ne serait-ce qu’une unique fois, et c’était dire bonjour à la pauvreté et peut-être la prison. Le crédit qu’il avait pris à sa banque pour pouvoir soir après soir rencontrer Gertrude avait fondu comme neige au soleil. Il était proche du gouffre.
Mais le seul danger ne résidait pas essentiellement dans la perte de ses espèces sonnantes et trébuchantes. Il le sentait bien. Ce qui était aussi en jeu, c’était sa santé mentale. Addiction, voilà le terme employé par les psys. Il se rendait bien compte que la folie faisait subrepticement grincer le plancher de son esprit.
« Bon, alors, tu attends quoi, là ? ».
Perdu dans les méandres de ses songeries, il ne s’était pas aperçu de sa présence. Cette voie ! Moqueuse, encore. Fourbe. Une voie familière, tellement entendue. Le type se tenait à ses côté, presqu’à le frôler. Il pouvait sentir son haleine alcoolisée. Dégoûtant ! Lui qui ne pouvait pas boire une goutte d’alcool sans tomber malade et vomir ses boyaux.
« Vas t-en s’il te plaît. Tu sais bien que ce soir, c’est le dernier soir ».
« Bien sûr que je le sais, c’est évident. Mais il est aussi évident que tu ne tiendras pas. Regarde-là ! Ta Gertrude te tends les bras ».
« Je ne me suis assis ici que pour lui dire adieu, la voir une dernière fois ».
J’avais prononcé cette phrase le plus calmement possible. J’étais assez heureux de ne pas avoir laissé suinter la peur et la tristesse dans ma voie. Cette pourriture aurait été bien trop contente ! Par contre, j’avais la sensation de bouillir de l’intérieur, et de devoir marcher sur des charbons ardents sans en avoir l’air. L’autre posa son verre sur le bord de Gertrude, comme s’il s’agissait d’une vulgaire machine, et sortit une cigarette. Il l’alluma sans me quitter des yeux. Je détestais cette fumée nauséabonde. Là encore, le tabac ne faisait pas parti de mes vices.
Son regard, de railleur, était soudain devenu dur, voire haineux.
« Depuis combien de temps nous connaissons-nous ? » demanda t-il d’une voie rugueuse.
Je n’avais aucune envie de lui répondre mais, chose étonnante, ma réponse fusa très rapidement :
« Depuis toujours ».
Et c’était vrai. D’aussi loin que je me souvenais, nous nous étions toujours côtoyés. Pour le pire et jamais le meilleur. Dès le début, nous nous étions déclarés la guerre. Et force était d’admettre une chose : il avait gagné chaque bataille. Quelques gouttes de sueurs perlèrent sur mon front. Il me dominait depuis le début.
« Alors tu comprendras que je te connais comme toi-même ».
A voir ma mine déconfite, il ajouta en s’esclaffant :
« Tu sais très bien que tu vas jouer ce soir. Et je suis certain que tu vas gagner le gros lot, te refaire. Tu pourras rembourser tes dettes et même te faire plaisir avec l’argent restant. Qui sait ? Tu pourrais même aller retrouver Gertrude et la persuader de revenir avec toi ? Allez, laisse toi tenter. Ce soir, c’est la bonne ! ».
Je voulais crier. Je voulais me lever et lui casser la gueule. Je voulais…
Ma main s’est dirigée lentement vers ma poche, a saisi la petite boîte en plastique. Je l’ai ouverte et j’ai pris un jeton, que j’ai introduit dans la machine à sous. Puis j’ai tiré sur la manivelle. C’était le dernier jeton, celui que j’avais gardé pour pouvoir me souvenir de tout : mon addiction, Gertrude, et le soir de ma liberté recouvrée. L’unique jeton, acheté avec le peu d’argent qui me restait.
Les trois chiffres se sont mélangés aux pommes et aux poires dans un tourbillon virevoltant et sonore. Gertrude me souriait à nouveau. Je voyais ses couleurs s’éparpiller dans les parages et ses multiples rires en éclats. Je fermais presque les yeux en écoutant sa voie chaleureuse.
La première case s’afficha : un 7. Un bon signe, ça, me dis-je. J’avais toujours adoré le chiffre sept, allez savoir pourquoi ? Deuxième case : encore un 7 ! Mon cœur battait la chamade, ma respiration était devenue saccadée, je peinais à reprendre mon souffle. Allez, allez, encore un ! Un sept, un sept, un sept !
C’est au regard que m’envoya mon ennemi que je sus que tout était fini. Un regard rayonnant, un regard de vainqueur. Il écrasa avec son petit rictus habituel son mégot sur Gertrude. Il avait gagné, il le savait. Il allait pouvoir s’éloigner, m’abandonner à mon triste sort, pour pouvoir un jour ou l’autre encore mieux revenir, plus tentateur que jamais et plus machiavélique. Déjà, il me tournait le dos de toute sa dédaigneuse silhouette.
Non.
Non. Cette fois, la guerre, j’allais la gagner.
Je me suis levé, j’ai pris le petit couteau qui traînait dans ma poche gauche, et je lui ai tranché la gorge. Tout est devenu flou. Gertrude s’est éloignée de mon champ de vision, et je n’ai plus entendu que sa voie chantante et chaleureuse.
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« Qu’en pensez-vous, monsieur ? »
L’adjudant de gendarmerie Martin prit un air désabusé.
« C’est assez clair. Suicide. Le gars devait être sacrément au bout du rouleau pour se trancher lui-même la gorge. Il avait apparemment beaucoup picolé à voir le nombre de verres autour de lui. On en saura plus avec l’enquête, mais je pense qu’il a accumulé de nombreuses dettes, comme c’est souvent le cas dans ce milieu ». Le corps gisait sur la moquette verte, une marre de sang sous la tête.
A ses côtés, un mégot de cigarette finissait de se consumer.

Terrienne, de JC Mourlevat : dis, c'est quoi une dystopie ?

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Ce ne sont pas les dystopies qui manquent en ce moment, entendez par là...

"Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie." (Wikipedia). Ca vous fait penser à Divergente, Le Labyrinthe, Hunger games ?

Terrienne en est un exemple Français passionnant ! Je dirais presque "à couper le souffle" mais on m'accuserait de spoiler (comme on dit maintenant) le roman. Plus réaliste que certains romans amerloques, mais pas moins haletant et étrange. Et puis, bien entendu, vous aurez aussi le droit à une belle histoire d'amour...




Tout commence sur une route de campagne... Après avoir reçu un message de sa sœur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et passe de l'autre côté. Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. La dystopie selon Jean-Claude Mourlevat. Vous ne respirerez plus jamais de la même manière. "L'idée de Terrienne m'est venue pendant un de mes trajets quotidiens en voiture. Je n'ai jamais écrit aussi près de mon quotidien, mais jamais non plus aussi loin... à la fois chez moi et un monde parallèle". Jean-Claude Mourlevat Terrienne a reçu de nombreux prix : Prix Claude Fauriel 2011 Prix Européen Utopiales Jeunesse 2011 Prix Chimères 2011 Prix Trégor Ados 2012 Prix Romans et sac à dos 2013 Prix Farniente 2013 Prix Ado de Rennes 2013 (14 prix en tout !!!).

A noter qu'un deuxième roman de Jean-Claude Mourlevat est disponible au CDI : Le combat d'hiver.

Restons stoïques s'il vous plaît !

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Ne me dites pas que vous n'aimez pas la philosophie ? Bon ok, certains auteurs sont plus faciles à comprendre que d'autres... c'est le cas de Marc - Aurèle, né le 26 avril 121 à Rome et mort le 17 mars 180, qui est sans doute l'un des plus justes et vertueux empereurs romains

Et ce qu'il écrit est passionnant ! Adepte du stoïcisme, un courant philosophique fondé par Zenon de Cition, il nous montre qu'un homme éclairé est avant tout un homme de raison. Nous devrions certainement prendre exemple sur la vie de cet empereur et appliquer certains de ses textes dans notre vie quotidienne... !!

« XI. Accuser les autres de ses malheurs, cela est d'un ignorant ; n'en accuser que soi-même, cela est d'un homme qui commence à s'instruire ; et n'en accuser ni soi-même ni les autres, cela est d'un homme déjà instruit. »

Je vous conseille donc ce livre, qui peut se lire par petites touches, comme on lit un recueil de citations éclairées, et qui est suivi du Manuel d'Epictète, un grand stoïcien lui aussi.

Le retour de Lou avec La Cabane... Un très bon opus !

by





Très belle surprise que ce Lou numéro 7 ! Lou, qui a maintenant 17 ans, retourne dans la campagne natale de sa mère en famille et avec ses amis. L'idée de tout ce petit groupe qui va en fin de compte devenir grand ? Construire une cabane.

Un très joli moment de fantaisie teintée de fantastique, d'humour parfois décalé et de réflexion sur la vie et surtout, l'Amour, dans toutes ses acceptations. La poésie et, oui, on peut le dire, la philosophie ne sont pas loin ! Si vous pensez que les êtres humains sont faits pour coopérer, alors précipitez-vous sur ce superbe exemple que nous donne Lou et ses camarades.

A savoir, ce tome se situe chronologiquement avant les événements du tome 6, que je vais de ce pas relire car il paraîtrait que l'on trouve dans le tome 7 des réponses à l'intriguant Age de cristal (tous les tomes sont au CDI).

Bonne lecture.

Ci-après, un résumé de La Cabane chez Glénat :
 
"Pour les vacances, Lou a décidé d’emmener ses copines sur la terre de ses ancêtres : à Mortebouse, où la 4G est inexistante ! Le lieu idéal pour s’affranchir des choses superficielles du monde moderne et entrer en communion avec la nature, il paraît que c’est super tendance. L’occasion de revoir Paul, aussi... Point d’orgue de ce programme « retour aux sources » : la construction d’une cabane, sur le terrain de la grand-mère de Lou.

Cette année, retrouvez Lou en compagnie de sa maman, de Mina, Paul, Tristan, Mister Juice, mais aussi d’une myriade d’autres personnages ! Un tout nouvel album dans lequel Mortebouse forme aussi l’épicentre d’une mystérieuse singularité...

En décrivant, d’un regard juste et touchant, le quotidien d’une jeune fille d’aujourd’hui, saupoudré d’une subtile touche de pop-culture, Julien Neel a insufflé une touche de fraîcheur et de sensibilité alors inédites à la bande dessinée. Lou !, c’est la synthèse parfaite entre série grand public et œuvre d’auteur personnelle, ce qui en fait un véritable joyau du 9e Art. Acclamée par la critique et le public, traduite dans une vingtaine de langues, la série a ainsi remporté de nombreux prix (dont le prix Jeunesse du festival d’Angoulême par deux fois), s’est vendue à 2,5 millions d’exemplaires, a été adaptée en série animée puis au cinéma par Julien Neel lui-même !

Elle a surtout su conquérir le cœur d’un public de plus en plus large. Grands et petits, filles et garçons, tous se jetteront sur ce nouvel album pour découvrir la suite du destin de l’adorable Lou, qu’ils ont eu le plaisir de voir grandir au fil des tomes !"